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Est-ce insulter Dieu que de penser que le récit de la Création est une métaphore ? [Stelphar]
Photo de Дмитрий Хрусталев-Григорьев

Les chrétiens comprennent le récit de la création de diverses manières. Certains pensent que les choses se sont déroulées exactement comme cela est raconté en Genèse 1. D’autres pensent que les jours de ce récit sont des milliards d’années et trouvent que ce qui y est raconté n’est pas si éloigné de ce qu’avance la science actuelle. D’autres, enfin, pensent que le récit biblique ne cherche pas à expliquer comment les choses se sont déroulées au point de vue historique mais vise bien plutôt à énoncer des vérités sur Dieu et sur le monde. Pour ces derniers, le récit de la création ne dit pas le « comment » du monde, mais le « pourquoi du monde ». Ils s’en remettent donc à ce que dit la science et à ses évolutions, quand il s’agit de déterminer le « comment » les choses.
Je pense qu’il est possible d’avoir chacune de ces positions sans insulter Dieu, si on accepte le centre de ce que ce texte communique : Dieu a voulu créé un monde beau et bon, il est la source de toute vie, notre créateur, celui qui a le dessus sur tout ce qui nous détruit. Je crois aussi qu’il y a, dans le respect des positions des autres chrétiens, quelque chose qui honore Dieu : la reconnaissance que l’intelligence humaine ne peut pas déterminer exactement ce qu’il en a été de cette création qui est l’affaire de Dieu et le respect de la foi de nos frères et sœurs, qu’il ne s’agit pas d’ébranler par notre orgueil, qu’il soit scientifique ou théologique (1 Corinthiens 8/1-3).

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La Bible établit-elle un lien entre le comportement de l’homme et le monde naturel ?
Photo de Oliver Sjöström sur Unsplash

Nous pourrions penser, en tant que chrétiens, que la spiritualité consiste essentiellement à sauver son âme en acceptant la grâce du Christ et à inciter les autres à en faire de même au moyen de la mission sans se préoccuper du monde matériel et naturel. Par conséquent, nous pourrions penser que nous devons être « neutres », car il s’agit d’un sujet politique, économique ou scientifique et non spirituel. Nous pourrions également penser que chaque chrétien est libre d’avoir son opinion sur cette question et d’agir ou non en faveur de l’écosystème et du climat, l’essentiel de la foi n’étant pas concerné par cette question.
Tout d’abord, il existe un consensus scientifique quasi total sur le fait que les activités humaines sont la cause principale du réchauffement climatique depuis le début de la Révolution industrielle (19ème siècle). Mais la Bible donne-t-elle aussi une réponse ou des indications à ce sujet ?
Oui, car l’Ancien Testament considère que Dieu, l’humanité et le reste de la Création sont étroitement liés, si bien que le péché des hommes affecte non seulement notre relation à Dieu, mais aussi la relation aux autres créatures, avec la terre et son système, avec des mentions explicites de perturbations climatiques. Le péché d’Adam et d’Eve n’a pas comme seule conséquence leur séparation d’avec Dieu, la terre se met à produire des épines et l’agriculture devient plus difficile (Genèse 3.17-19). De même, la Bible parle de la façon dont la terre « souffre » (Jérémie 12.14) et « pleure » (Osée 4.1-3) à cause du péché du peuple de Dieu. La Création « vomit » les habitants d’Israël l’Infidèle (Lévitique 18.25-28), tandis qu’elle attend la rédemption. Attention cependant à ne pas simplement « spiritualiser » nos actions matérielles, et à penser qu’il suffirait à l’humanité de ne plus pécher moralement pour que la crise climatique soit résolue comme par miracle. Nos désobéissances qui détruisent le climat, ce ne sont pas nos meurtres, nos adultères et nos tromperies, mais nos excès de consommation, nos excès de combustion des énergies fossiles, nos excès d’émissions de GES (Gaz à effet de serre).
En conclusion, en se basant sur la Bible, le comportement des hommes affecte la terre entière, ce qui inclut le climat. Et si leur comportement influence le climat dans un sens négatif, c’est-à-dire qu’il met en péril le monde naturel, les espèces vivantes et, in fine, l’existence de l’être humain lui-même, la « neutralité » du chrétien actuel à l’égard de la crise climatique contredit de manière évidente la vision biblique de l’amour de Dieu pour l’homme et la Création et la responsabilité que Dieu a donné à l’homme envers celle-ci.

Source : Marc Roethlisberger et Steve Tanner, FAQ, Déclaration Urgence Climat Suisse.

Pourquoi prier pour la COP28 ? [Nadège]

Parce que nous sommes dans la détresse
L’heure est grave. Le dérèglement climatique causé par les activités humaines provoque déjà des souffrances considérables. D’un point de vue purement humain, il y a peu d’espoir pour l’avenir de notre climat. Pour de multiples raisons, il est extrêmement difficile pour ceux qui nous gouvernent de se mettre d’accord et de prendre les actions nécessaires pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre.

Quand nous sommes dans une situation qui nous dépasse, il est normal et naturel d’appeler à l’aide. « Dans ma détresse, j’ai fait appel à l’Éternel, j’ai crié à mon Dieu; de son palais, il a entendu ma voix, mon cri est parvenu à ses oreilles » (Psaume 18.7)

Parce que Dieu est souverain
Quand on appelle à l’aide, il vaut mieux s’adresser à quelqu’un qui est en capacité d’agir. La Bible affirme que Christ soutient l’univers par sa parole puissante (Hébreux 1.3). La vie et le souffle nous viennent de lui ; cette terre lui appartient. Dieu peut changer le cœurs, son Esprit peut altérer le cours des discussions et les décisions prises. Le livre des Proverbes nous rappelle que « Le cœur du roi est un simple courant d’eau dans la main de l’Éternel : il l’oriente comme il le désire » (Proverbes 21.1)

Parce que Dieu agit à travers les prières de son peuple

Dieu n’a pas besoin de nos prières pour agir. Mais dans la Bible et dans l’histoire de l’Église, nous voyons que, très souvent, Dieu choisit d’agir à travers les prières de son peuple. Pensez à la libération de Pierre (Actes 12.5), ou, (dans l’histoire récente), à la chute du Mur de Berlin. Les facteurs politiques et sociaux qui ont amené aux évènements de 1989 sont évidemment complexes, mais je reste personnellement convaincue que Dieu avait suscité les prières de son peuple et qu’il avait agi en réponse à ces prières.

Dieu nous invite à faire partie de l’histoire qu’il est en train d’écrire ; par nos actions, certainement ; mais d’abord à travers nos prières.

Pourquoi passer à côté de ce privilège ?

Pourquoi lors du deuxième jour de la création du monde (Gen 1:6-8)- Dieu ne dit pas que « c’était bon » ? [Franck]

Permettez-moi Franck une légère correction dans votre question. Dans le récit de la Genèse, l’expression « Dieu dit » introduit les paroles créatrices de Dieu au début de chaque journée. En fin de journée, il n’est pas précisé que Dieu dit quelque chose mais il est noté que : « Dieu vit que cela était bon ». Dieu nous apparaît ainsi dans la contemplation aimante et l’émerveillement devant sa création mais le texte biblique ne nous précise pas que Dieu dise quelque chose.

Sur le fond, je ne sais pas répondre à votre question ! Vous avez finement observé que ce deuxième jour et lui seul, ne mentionne pas cette vision de bonheur à la fin de la journée. Je ne doute pas que nos frères Juifs aient élaboré un grand nombre d’hypothèses pour expliquer cette bizarrerie. Pour ma part, je vous félicite pour votre lecture attentive. Le texte biblique nous surprend souvent par ses contenus, ses répétitions, ses silences, ses étrangetés. Cela nous stimule pour réfléchir, comparer, étudier. J’attire votre attention sur le fait que l’Ancien Testament en langue grecque appelée la Bible d’Alexandrie ou encore la Septante fait cependant au verset 8, la mention : « Dieu vit que cela était bon ». Pourquoi cette mention qui existe bien dans la version grecque du III° siècle avant J.-C. ne figure-t-elle pas dans le texte hébreu (Massorétique) qui nous est parvenu et qui serait plus récent selon les historiens, en tout cas dans sa forme actuelle ? Il y a parfois des questions qui restent sans réponse. Cela nous invite à l’humilité et à distinguer ce qui est vraiment utile pour une vie de foi et ce qui est secondaire. Je vous souhaite beaucoup de joie dans votre étude de la Bible !

https://1001questions.fr/pourquoi-lors-du-deuxieme-jour-de-la-creation-du-monde-gen-16-8-dieu-ne-dit-pas-que-cetait-bon-franck/

Dieu nous a dit de « remplir la terre et de la soumettre » et de « dominer » sur elle. La terre et ses créatures sont-elles simplement là pour notre usage et notre bon plaisir ?
Photo de Rahul Dey sur Unsplash

Cette mauvaise compréhension, souvent présente dans la pensée chrétienne occidentale, a entraîné des dommages incalculables, aussi bien à la planète qu’à la réputation de l’Evangile. La Bible est très claire : ce monde appartient à Dieu et non à nous (Psaume 24.1; 50.10-11). Elle a été créée en premier lieu pour Jésus (Colossiens 1.16). Nous avons l’autorisation de l’utiliser et d’en jouir en tant que gérants (Lévitique 25.23) et gardiens (Genèse 2.15), mais pas de manière insouciante, avide ou destructrice. Nous sommes redevables envers son propriétaire : Dieu. En fait, le terme utilisé pour «soumettre» dans Genèse 1 devrait être compris dans le sens de «gérer» ou de « mettre de l’ordre », et le verbe « dominer » suggère une domination qui reflète le règne doux et juste de Dieu. A la lumière de Jésus, qui est venu non pour être servi mais pour servir, notre comportement devrait être celui d’une « royauté servante ».

(question extraite du livre de Dave Bookless, Dieu, l’écologie et moi, Appendice 1, « les pourquoi ? de la planète »)