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Que faire si mon église ne se préoccupe pas du tout de la question ?

Ne soyons pas trop prompts à juger d’autres chrétiens qui nous semblent ne pas prendre l’urgence écologique au sérieux. Nous ne subissons pas tous les mêmes influences, nous ne faisons pas tous confiance aux mêmes sources d’informations et nous n’avons pas tous le même parcours de vie. Vous êtes peut-être plus mature que d’autres dans votre Église au niveau de votre engagement écologique et de votre compréhension des enjeux, mais ces mêmes chrétiens ont peut-être une longueur d’avance sur vous dans d’autres domaines.

Si vous pratiquez régulièrement l’hospitalité (Hé 13.2), les autres membres de votre Église voient sans doute votre engagement en faveur de l’écologie. Ils observent vos habitudes et vos choix ; ils observent aussi votre attitude. Si vous êtes toujours en train de vous plaindre et s’ils ont l’impression que vous vous considérez supérieur à eux, ils risquent de se braquer. Mais si votre engagement est accompagné d’attitude de générosité, de service et de compassion, il est plus probable que certains soient interpellés et prêts à écouter vos propositions pour prendre le sauvegarde de la création au sérieux.

Le Réseau Ambassadeurs A Rocha fournit des ressources précieuses pour aborder le sujet de l’écologie en Église. Peut-être pourriez-vous organiser un petit groupe d’étude biblique et de discussion basée sur le livret «L’écologie, parlons-en», ou faire appel aux ressources et outils proposés par Église Verte. Parfois il vaudrait mieux commencer avec une action pratique : une braderie pour donner une deuxième vie aux vêtements ou une action de nettoyage dans le quartier de l’Église. Souvent, les chrétiens ont besoin de voir concrètement que l’écologie n’est pas juste une préoccupation des riches, mais que prendre soin de la planète et servir son prochain vont main dans la main. N’hésitez-pas à prendre du temps dans la prière pour discerner quelle est la meilleure porte d’entrée dans votre situation spécifique !

A quoi ça sert de sauver la planète quand sa destinée est déjà décrite par la Bible ? (Gilles)
Quelle est la destinée de la terre selon la Bible ?

Si l’on regarde à la fin de la Bible en Apocalypse 21, nous voyons que Dieu fera toutes choses nouvelles, y compris la terre ! Puis que le ciel descendra sur la terre, afin que toute la création soit immergée en pleine communion dans la présence de Dieu.

Si Dieu fait une nouvelle terre, qu’advient-il de l’ancienne ?

Elle aura subi les fléaux décrits dans l’Apocalypse, ce qui nous laisse imaginer une terre en plutôt mauvais état. De plus, l’apôtre Pierre1 le confirme et rappelle le point fondamental : les mauvaises œuvres injustes devant Dieu ne seront plus, tout sera révélé et purifié « comme au travers du feu ». On peut voir un parallèle avec notre corps destiné à mourir et à ressusciter sous forme glorieuse2. De plus, le mot « nouveau » (kainos) en grecque peut se comprendre comme « nouveau » ou comme « renouvelé ». Ceci fait débat parmi les théologiens : la terre, sera-t-elle totalement détruite ? Ou renouvelé au sens où le mal y sera chassé ? (Pour approfondir le débat3) Ce qui est certain, c’est que cette future terre sera un lieu où régneront la justice et la présence de Dieu.

Mais pourquoi essayer de sauver la planète ?

Au vu de ce qui vient d’être dit, c’est absurde de vouloir garder la terre telle qu’elle est aujourd’hui. En revanche, ça n’enlève en rien notre devoir d’en prendre soin.
Depuis la Genèse, Dieu demande aux hommes de prendre soin de sa création, d’être de bons gestionnaires bienveillants, car c’est notre vocation45 . C’est ce qu’on fera au paradis où régnera la justice ! Donc, autant commencer à faire ce à quoi nous sommes destinés : révéler l’amour et la justice de Dieu sur terre, tant envers les hommes qu’envers le reste de tout ce qu’il a créé.

Cela peut paraître absurde si l’on sait que la terre finira par vivre encore un certain nombre de tragédies. C’est vrai. « Tout est vanité » dit l’auteur de l’Ecclésiaste. Pourtant, il conclut son livre en disant que « Dieu amènera tout œuvre en jugement, et ce jugement portera sur tout ce qui est caché, qui soit bon ou mauvais ». Ce qui est confirmé par le jugement des 7 églises au début de l’Apocalypse. 

Ce jugement peut faire peur, mais c’est une bonne nouvelle pour celui qui recherche la justice : car même si ce que nous faisons n’est que fumée, ça ne sera pas oublié !

PS : voici des livres pour creuser davantage la question6

Vous partez du présupposé qu'il y a un réchauffement climatique qui serait dû à l'homme et mènerait le monde à la catastrophe. C'est un présupposé utilisé à des fins politiques dans lequel vous vous engouffrez puisqu'il est dans l'air du temps. Pouvez vous démontrer scientifiquement que ce présupposé est vrai ? (Frank)

Bonjour Frank,

Je suis tout à fait d’accord que nombreux sont ceux qui prenne le train en marche pour des raisons purement idéologiques. Mais la chose n’en est pas moins avérée.

Il existe des observations indubitables d’un réchauffement climatique (hause de la température globale, fontes des banquises et des glaciers, etc.).

Quelle en est la cause ?

En appliquant la conservation de l’énergie à la terre, on peut identifier les 3 facteurs qui peuvent en faire varier le climat :

  1. L’albedo, c’est à dire la quantité énergie solaire qui ne fait que rebondir » sur la terre sans la chauffer.
  2. L’irradiation solaire.
  3. La composition de l’atmosphère.

Les facteurs 1 et 2 sont à éliminer par les observations. Ils ont à peine varié depuis 100 ans. Reste le 3, dont, soit dit en passant, le principe remonte à Fourier au début au XIX siècle.

Et quand on regarde la composition de l’atmosphère, on voit qu’elle s’est fortement enrichie en CO2 et CH4 depuis le début de la révolution industrielle.

La physique en question n’a rien de nouveaux. Elle a plus de 100 ans. Je vous laisse ce graphe fait par Exxon (ci-dessous, ou figure 3, p.7 du pdf en lien), qu’on ne pourrait suspecter de sympathie écolo, en 1982.

Antoine Bret

P.S. vous pouvez retrouver d’autres éléments de réponse à ce lien.

La science ne contredit-elle pas la Bible, particulièrement en ce qui concerne les récits de la création dans Genèse 1 et 2 ?
Photo de Brett Jordan sur Unsplash

La véritable science ne peut qu’éclairer et confirmer la Parole de Dieu dans la Bible, puisqu’elle représente l’humanité cherchant à explorer et à comprendre le monde de Dieu. Genèse 2, qui nous rapporte l’ordre donné à Adam de nommer tous les animaux, marque la naissance de la taxinomie : l’identification, la différenciation et la classification sont les éléments fondamentaux de la biologie ! Et dans Matthieu 6, l’exhortation de Jésus de considérer les oiseaux et les fleurs est également un encouragement à voir la science comme une manière de « penser selon les pensées de Dieu ».

La difficulté survient lorsque les scientifiques ou les théologiens essaient de pousser leur discipline au-delà de ses limites. La science est utile pour comprendre comment les choses fonctionnent et évoluent. Elle ne peut pas répondre aux questions plus profondes du genre humain : pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi les choses fonctionnent-elles ainsi ? Pourquoi l’univers est-il construit d’une manière aussi précise et subtilement équilibrée, et comment parvient-il à maintenir cet équilibre ? La Bible, quant à elle, regroupe la plupart des réponses de Dieu à ces «pourquoi». Mais ni la Bible dans son entier, ni les passages de Genèse 1 et 2 n’ont pour objectif de donner un compte rendu direct et scientifique des débuts de l’univers. 

Les chrétiens seront toujours divisés sur la question de savoir si Dieu a créé le monde en six jours de vingt-quatre heures ou s’il a utilisé des processus d’évolution couvrant des milliards d’années ; mais aucune de ces deux positions ne doit devenir une excuse pour refuser le défi premier de Genèse 1 et 2 : comprendre notre double nature d’êtres humains, à la fois créés à partir de la poussière de la terre, donc faisant partie de la création, et mis à part pour être l’image de Dieu dans le soin que nous prenons de cette création.

(question extraite du livre de Dave Bookless, Dieu, l’écologie et moi, Appendice 1, « les pourquoi ? de la planète »)          

La spiritualité chrétienne a-t-elle une responsabilité dans le processus historique du réchauffement climatique ?
Photo de Diana Vargas sur Unsplash

A titre de rappel, l’augmentation moyenne de la température mondiale due principalement aux activités humaines a commencé au début de la révolution industrielle, soit vers 1800. Toutefois, l’existence du système économique et politique qui est à l’origine de ce phénomène remonte à plus loin dans le temps. Certains auteurs datent le début de ce système au 15ème siècle avec la Renaissance en Italie du nord et l’invention de la comptabilité, et en Allemagne avec l’invention de l’imprimerie et la naissance du protestantisme. D’autres citent le Bas Moyen-Âge avec un commerce florissant en Méditerranée grâce aux Croisades et au grand développement des ordres monastiques, source de développement économique.

Le développement économique a assurément des côtés positifs et négatifs et l’influence de la spiritualité chrétienne sur celui-ci est certainement importante et complexe. Dans Genèse 1.28, nous pouvons lire cette bénédiction et exhortation de Dieu envers les hommes : « Dieu les bénit en disant : – Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maîtres, et dominez les poissons des mers, les oiseaux du ciel et tous les reptiles et les insectes ». De nombreux auteurs, dont des théologiens, ont souligné que les versets de la Genèse qui « exhortent l’homme à dominer le monde et tous les animaux de la terre » a eu une grande influence sur la pensée occidentale et son système économique. Ils ajoutent également que ces versets ont été mal compris et mal interprétés, car la notion de responsabilité envers la Création a été oubliée ou, en tout cas, mise au second rang des priorités.

Nous considérons donc que la spiritualité chrétienne a eu une influence historique importante sur le système économique dans lequel nous vivons aujourd’hui, y compris dans ses effets négatifs, à cause d’une mauvaise interprétation de certains passages bibliques et de l’oubli d’autres textes dans lesquels Dieu donne une responsabilité importante à l’homme envers la Création et exprime son amour pour tout ce qu’il a créé. Les fondements théologiques exposés dans le texte de la déclaration d’urgence climat suisse passent en revue ces passages bibliques pour une approche plus responsable et équilibrée de l’être humain en regard de la crise climatique actuelle.


Source : Marc Roethlisberger et Steve Tanner, FAQ, Déclaration Urgence Climat Suisse.