Dans mon entourage, les écolos ne sont pas très bien vus. J’ai peur de me faire remarquer. Comment faire ?

Écolos et besoin d'appartenance. Photo de Possessed Photography sur Unsplash

Nous faisons tous partie de différents groupes de loisirs et de sports, et, bien sûr, de notre église par le biais des cultes, des messes, des groupes de rencontres, groupes écolos et autres activités.

Notre besoin d’appartenance à un groupe et notre besoin d’acceptation sont tellement importants qu’ils nous poussent souvent à passer notre opinion sous silence si elle est différente de celle de la majorité du groupe. Ce besoin d’appartenance nous conduit même souvent à adopter l’opinion dominante du groupe au détriment de nos prises de position et de notre expérience. De cette façon, une personne ayant régulièrement des avis différents du reste du groupe risque d’être rejetée à moyen long terme ou à partir d’elle-même face la réprobation des autres.

Et ce phénomène est particulièrement fort pour les opinions concernant la crise climatique. Certains chrétiens préoccupés et anxieux par rapport à la crise climatique ne voudront pas aborder ce sujet dans leur groupe de maison pour éviter d’être réprouvés par le groupe par exemple ou traités d' »écolos ». Pour cette raison, nous pensons qu’une information objective sur cette crise doit être effectuée dans les églises et auprès des leaders d’opinion comme les pasteurs ou prêtres.

Source : adapté de Marc Roethlisberger et Steve Tanner, FAQ, Déclaration Urgence Climat Suisse.

La sécheresse de l’été 2023 dans la région Méditerranée est-elle une punition divine ? (Claire)

La punition divine sous l’ancienne alliance VS la nouvelle alliance

Dans le contexte de l’alliance que Dieu avait établie avec eux, le peuple d’Israël était appelé à vivre sous l’autorité de Dieu, dans la terre que Dieu leur avait confiée et à jouir de sa générosité abondante. Les liens entre leur obéissance et la productivité de la terre étaient explicites. Les bonnes pluies desquelles leur agriculture dépendait étaient clairement une conséquence de l’obéissance. En revanche, la sécheresse était une conséquence de la désobéissance (Voir Deutéronome 28.12 ; 23-24). Quand Dieu retenait la pluie (Voir 1 Rois 17, par exemple), ce n’était jamais une fin en soi. C’était un appel à la repentance ; l’objectif était la restauration de la relation entre Dieu et son peuple.

Aujourd’hui, nous vivons sous la nouvelle alliance, où tous ceux qui mettent leur confiance en Jésus sont accueillis dans le peuple de Dieu. Nous aussi sommes invités à vivre sous l’autorité de Dieu et à jouir de ses bénédictions. Cependant, ces bénédictions ne sont plus liées à un territoire géographique délimité. Ainsi, quand une famine est mentionnée dans Actes 11.27-30, il n’y a pas de suggestion que les gens qui souffraient de la famine avaient été plus désobéissants que les autres. Et quand telle où telle région aujourd’hui souffre de la sécheresse, nous ne pouvons pas conclure que ses habitants subissent une punition divine.

Les sécheresses et les inondations font partie des conséquences de la rupture introduite par notre rébellion contre Dieu. Et cela, depuis la chute. Aujourd’hui, il est scientifiquement établi que notre consommation d’énergies fossiles est en train de dérégler le climat. Ce faisant, elle exacerbe le problème des sécheresses. Mais la convoitise humaine et les choix court-termistes font que nous avons beaucoup de difficulté à mettre en place les changements nécessaires. Ceux qui souffrent le plus des sécheresses ne sont généralement pas ceux qui portent le plus de responsabilité pour les émissions de gaz à effet de serre. Néanmoins, les sécheresses nous poussent à questionner nos comportements, à chercher Dieu de tout notre cœur, et à soupirer après le renouvellement de toutes choses en Christ (Romains 8.18-25).

Vous partez du présupposé qu’il y a un réchauffement climatique qui serait dû à l’homme et mènerait le monde à la catastrophe. C’est un présupposé utilisé à des fins politiques dans lequel vous vous engouffrez puisqu’il est dans l’air du temps. Pouvez vous démontrer scientifiquement que ce présupposé est vrai ? (Frank)

Bonjour Frank,

Je suis tout à fait d’accord que nombreux sont ceux qui prennent le train en marche pour des raisons purement idéologiques. Mais la chose n’en est pas moins avérée. Il existe des observations indubitables d’un réchauffement climatique (hausse de la température globale, fonte des banquises et des glaciers, etc.).

Quelle est la cause du réchauffement climatique ?

En appliquant la conservation de l’énergie à la terre, on peut identifier les trois facteurs qui peuvent en faire varier le climat :

  1. L’albedo, c’est à dire la quantité énergie solaire qui ne fait que rebondir » sur la terre sans la chauffer.
  2. L’irradiation solaire.
  3. La composition de l’atmosphère.

Les facteurs 1 et 2 sont à éliminer par les observations. Ils ont à peine varié depuis 100 ans. Reste le 3, dont, soit dit en passant, le principe remonte à Fourier au début au XIX siècle.

Et quand on regarde la composition de l’atmosphère, on voit qu’elle s’est fortement enrichie en CO2 et CH4 depuis le début de la révolution industrielle.

La physique en question n’a rien de nouveau. Elle a plus de 100 ans. Je vous laisse ce graphe fait par Exxon (ci-dessous, ou figure 3, p.7 du pdf en lien), qu’on ne pourrait suspecter de sympathie écolo, en 1982.

Antoine Bret

P.S. sur cette question du réchauffement climatique, vous pouvez retrouver d’autres éléments de réponse à ce lien.

Réchauffement climatique : graphe d'Exxon montrant l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère et l'augmentation des températures.

La Bible ne nous dit-elle pas de ne pas nous inquiéter du lendemain ? N’est-ce pas la responsabilité de Dieu, et non la nôtre, de s’occuper de la planète ?

Ne pas nous inquiéter du lendemain est opposé à passer à l'action ?
Photo de Shane Rounce sur Unsplash

Ne pas nous inquiéter du lendemain (Matthieu 6.34) ne veut pas dire : ne pas nous en occuper ! La foi biblique implique de dépendre de Dieu à 100% pour qu’il réponde à nos besoins, mais en même temps de répondre à 100 % à son appel de collaborer avec lui dans son Royaume.

Quelqu’un l’a exprimé ainsi : «Mon travail est de faire le travail de Dieu et son travail est de prendre soin du mien.» Donc, même si Dieu est toujours impliqué dans le soutien et les soins de toute la création, il nous en a délégué une bonne partie. L’histoire de Noé en est le parfait exemple. Ce n’est pas Dieu qui est allé chercher tous les animaux pour les sauver, il a demandé à un être humain de le faire de sa part. C’est encore ainsi aujourd’hui.

On peut donc être tout à fait conscient des problématiques écologiques et agir pour la création sans forcément s’inquiéter du lendemain.

(question extraite du livre de Dave Bookless, Dieu, l’écologie et moi, Appendice 1, « les pourquoi ? de la planète »)

À lire également : N’est-il pas plus sage d’attendre que l’État me donne des ordres pour agir pour la planète ?

Ne devrions-nous pas secourir les pauvres plutôt que nous préoccuper de la nature ?

Secourir les pauvres et prendre soin de la nature, même combat. Photo de Pavel Nekoranec sur Unsplash

Faire une distinction entre prendre soin des pauvres et prendre soin de la planète est une erreur. Dieu a créé un monde interdépendant, dans lequel nous, les humains, ne pouvons survivre sans les écosystèmes indispensables qui nous fournissent la nourriture, l’eau, l’abri, le vêtement, le carburant et même l’air que nous respirons. Secourir les pauvres et prendre soin de la nature sont intrinsèquement liés.

Ce sont les démunis qui souffrent le plus du changement climatique et qui sont les plus dépendants des systèmes naturels qui les entourent. Stella Simiyu, botaniste au Kenya et membre du Conseil international de référence d’A Rocha, l’exprime ainsi : «Les pauvres de la campagne dépendent directement de ressources naturelles de base. C’est là que se trouvent leur pharmacie, leur supermarché, leur station d’essence, leur compagnie d’électricité et leur fournisseur d’eau. Que vous arriverait-il si vous étiez privés de ces choses dans votre voisinage immédiat ? Nous ne pouvons donc pas nous permettre de ne pas investir dans la préservation de l’environnement».

Il est également essentiel que nous nous souvenions que nous sommes censés prendre soin de tout ce dont Dieu se soucie, ce qui inclut la biodiversité qu’il a créée, qu’il soutient et qu’il nous a confiée.

(question extraite du livre de Dave Bookless, Dieu, l’écologie et moi, Appendice 1, « les pourquoi ? de la planète »)

À lire également : Lutter contre le changement climatique a seulement des conséquences immédiates, tandis qu’annoncer l’Evangile a des conséquences éternelles pour les personnes sauvées. Ne doit-on donc pas mettre la priorité à l’évangélisation et moins prioriser la protection de l’environnement ?

Pourquoi prier pour la COP28 ? [Nadège]

Parce que nous sommes dans la détresse

L’heure est grave. Le dérèglement climatique causé par les activités humaines provoque déjà des souffrances considérables. D’un point de vue purement humain, il y a peu d’espoir pour l’avenir de notre climat. Pour de multiples raisons, il est extrêmement difficile pour ceux qui nous gouvernent de se mettre d’accord et de prendre les actions nécessaires pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. La COP28 n’y échappe pas.

Quand nous sommes dans une situation qui nous dépasse, il est normal et naturel d’appeler à l’aide. « Dans ma détresse, j’ai fait appel à l’Éternel, j’ai crié à mon Dieu; de son palais, il a entendu ma voix, mon cri est parvenu à ses oreilles » (Psaume 18.7)

Parce que Dieu est souverain

Quand on appelle à l’aide, il vaut mieux s’adresser à quelqu’un qui est en capacité d’agir. La Bible affirme que Christ soutient l’univers par sa parole puissante (Hébreux 1.3). La vie et le souffle nous viennent de lui ; cette terre lui appartient. Dieu peut changer le cœurs, son Esprit peut altérer le cours des discussions et les décisions prises. Le livre des Proverbes nous rappelle que « Le cœur du roi est un simple courant d’eau dans la main de l’Éternel : il l’oriente comme il le désire » (Proverbes 21.1)

Parce que Dieu agit à travers les prières de son peuple

Dieu n’a pas besoin de nos prières pour agir, y compris à travers la COP28. Mais dans la Bible et dans l’histoire de l’Église, nous voyons que, très souvent, Dieu choisit d’agir à travers les prières de son peuple. Pensez à la libération de Pierre (Actes 12.5), ou, (dans l’histoire récente), à la chute du Mur de Berlin. Les facteurs politiques et sociaux qui ont amené aux évènements de 1989 sont évidemment complexes, mais je reste personnellement convaincue que Dieu avait suscité les prières de son peuple et qu’il avait agi en réponse à ces prières.

Dieu nous invite à faire partie de l’histoire qu’il est en train d’écrire. Par nos actions, certainement. Mais d’abord à travers nos prières.

Pourquoi passer à côté de ce privilège ?

À lire également : Que faire concrètement face à la crise écologique ?